Robert Garnier
(1544 ? - 1590)Période d'activité: (1564 - 1590)
Langues: Italien, Français
CHAVY
Références: A179 (édition séparée 1582)
CIORANESCU
Références: v. II, p. 261, n. 3 (édition séparée 1582)
FVB
Références: 22365 (édition Tragedies 1582) ; 22368 (éd. Tragedies 1585) ; 22369 (éd. Tragedies 1588)
HORN-MONVAL
Références: v. 3, 412 [avec date erronée : 1580]
KEYSER
Références: p. 5-26 (édition 1582)
LACROIX
Références: I, 772 (édition Tragedies 1582) ; 775 (édition Tragedies 1585, jugée « fort rare, inconnue à tous les bibliographes » en 1843) ; 774 (édition Tragedies 1588)
USTC
Références: 38776 (édition Tragedies 1582) ; 1625 (éd. Tragedies 1585) ; 29824 (éd. Tragedies 1588)
Bradamante, tragecomedie
Robert Garnier
Remarques
Grandi dans le Maine, sa vie professionnelle a mis Robert Garnier en contact avec Toulouse et Paris. Les lectures qui le marquent dans sa jeunesse sont les classiques latins, en particulier Sénèque, l’Arioste, les œuvres des poètes de la Pléiade, notamment la Deffence et illustration de la langue française de Joachim Du Bellay (1549), L’Art poétique (1559) de Peletier du Mans qui, comme Du Bellay, voit dans les traductions un moyen d’enrichir sa propre langue ; il a très tôt médité les théoriciens de la tragédie: Aristote et son commentateur Scaliger (1561). Il est l’auteur du premier recueil de Tragédies (1580, 1582, 1585, 1588).
Conseiller du roi au siège présidial du Maine et puis lieutenant général criminel au même siège, monarchiste et catholique modéré, ses convictions soutiennent son œuvre, depuis l’Hymne de la monarchie (1567), poème dedié au magistrat Faur de Pibrac, jusqu’aux réflexions sur le juste gouvernement qui animent sa production dramatique, de Porcie à Antigone ; la monarchie est selon Garnier la forme politique capable de garantir la stabilité. Le dramaturge exprime cette conviction dans la conscience de la forte dramaticité de la situation politique qui opprime la France dans les années des guerres civiles. Ses dialogues et monologues en vers traduisent aussi un esprit religieux non dogmatique, où la matière biblique est associée à une ouverture au dialogue entre les religions.
Ami de Ronsard, Belleau, Baïf, il fréquente l’Académie du Palais (puis Académie de Poésie et de Musique) dont il partage les réflexions morales et l’étude propre à la jeune génération de la Pléiade sur le langage poétique, qui comporte l’expérimentation lexicale et stylistique sur la langue française, et le travail sur le mètre et le rythme musical, qu’il associe à sa maîtrise de l’éloquence.
Les éditions des Tragédies contiennent toutes ses œuvres. Les tragédies romaines : Porcie, tragédie françoise, représentant la cruelle et sanglante saison des guerres civiles de Rome : propre et convenable pour y voir depeincte la calamité de ce temps, 1568 ; Hippolyte, 1573 ; Cornélie, tragedie avec des chœurs, 1574 ; Marc-Antoine, 1578 ; les tragédies grecques : La Troade, 1579 ; Antigone, ou la pitié, 1580 ; auxquelles s’ajoutent en 1582 la tragi-comédie Bradamante, et dans le volume de 1585 la tragédie à sujet biblique Les Juifves, composée en 1583.
Notice créée par: Paola Martinuzzi • Notice ajoutée par: Luca Elfo Jaccond