Les Desguisez
Traducteur: Jean Godard • Œuvre originale: I Suppositi • Auteur: Ludovico Ariosto
Bibliographie
Giulia Vitali, Les Déguisés de Jean Godard : édition et analyse d’une imitation libre de I Suppositi de l’Arioste, Tesi di Laurea magistrale in Lingue e Letterature straniere discussa all’Università di Ferrara il 6 novembre 2024, relatore prof. Daniele Speziari, correlatrice prof. Rosanna Gorris Camos ;
La Franciade [Lyon, P. Landry, 1594], éd. Patrizia De Capitani, in Théâtre français de la Renaissance. La Tragédie à l’époque d’Henri IV, IIIe série, vol. 2 : 1591-1595, Florence, Olschki/Paris, PUF, 2024, p. 661-777.
CIORANESCU
Références: II, p. 222
Remarques
La version des Suppositi de Jean Godard pourrait être considérée comme une véritable réécriture de la pièce de l'Arioste, plutôt que comme une simple traduction ou une imitation. En effet, il ne suit la source que dans ses lignes générales, tandis que beaucoup est de l’invention propre de l’auteur. Il semble que les scènes aient été intentionnellement coupées et réorganisées, dans le but d’éliminer de l’intrigue toute référence à l’amour profane entre les deux protagonistes, afin de mettre l’accent sur la pureté et sur l’honnêteté de leur union. Par ailleurs, la conception de Jean Godard sur le mariage semble s’inscrire dans le vaste débat que l’Humanisme et la Réforme avaient déclenché à propos du mariage et de la sexualité, débat dont les origines remontent à 1526, date de la publication de l’œuvre d’Érasme Christiani matrimonii institutio. Bien que Jean Godard ait publié Les Déguisés en 1594, l’insistance sur la vertu de chasteté et sur l’importance d’un mariage honnête et sacré le rapproche plutôt de la conception du XVIIe siècle. Selon cette perspective, l’approche de la relation entre les sexes dans le mariage ne se fait plus sous l’angle de la sexualité, mais sous celui de l’affectivité. Par conséquent, en supprimant l'aspect érotique et immoral qui caractérisait la comédie de l'Arioste, l'œuvre de Jean Godard répond parfaitement aux attentes du public de son époque, qui ne partageait pas la même sensibilité comique que celle des Italiens.
Notice créée par: Giulia Vitali • Notice ajoutée par: Luca Elfo Jaccond